3. La concentration éditoriale

 
L’édition française est donc très concentrée et a une structure oligopolistique, avec un éditeur très nettement dominant.

Si on prend en compte les résultats livrés par la revue Livres hebdo, on observe que sur les 6,8 milliards d’euros de ces 218 maisons, 5,38 sont le fait des 12 principales entreprises. Ces 12 entreprises réalisent à eux seuls 79,1 % du CA de ces 136 maisons et groupes différents. Par rapport à 2006, la concentration s’est même renforcée puisqu’il ne subsiste que 136 entités différentes au lieu de 161.

Les résultats sur ces dernières années présentent d’ailleurs une très grande stabilité dans leur structure avec un groupe dominant suivis de 11 autres grands groupes.  .

Un classement de ces 12 grands groupes montre également l’internationalisation croissante des grands groupes éditoriaux : si les deux grands groupes français ont des filiales à l'étrangers, des groupes étrangers ont pris le contrôle de maisons d'édition françaises, essentiellement dans le secteur spécialisé : Reed-Elsevier (anglais-néerlandais) -pour les éditions Juris-classeurs (droit) et les Editions scientifiques et médicales (et Masson en 2005), Wolters Kluwer (néerlandais) pour Lamy (droit) et Initiatives Santé. Le groupe franco-belge Media-Participations contrôle, quant à lui Fleurus-Mame, éditeur religieux et Dargaud (bandes dessinées) et a racheté Dupuis en 2004. Quant à Bertelsmann, le géant allemand de l'édition, il possédait France-Loisirs mais aussi le Grand livre du mois (ce qui voulait dire que le marché des clubs de livres en France était et est dominé par un acteur unique) et les Codes Rousseau : cet ensemble a été cédé en 2011 à un investisseur américain Najafi.
 
Il présente illustre également la puissance des éditions spécialisées ou techniques, moins connus du grand public : Reed-Elsevier et Wolters Kluwer déjà présentés et qui sont des pôles de l’édition scientifique ou juridique mais aussi le Groupe Lefebvre Sarrut, groupe familial qui développe son activité à travers les éditions juridiques Francis Lefebvre et les Éditions législatives et qui vient de racheter Dalloz à Hachette

On note aussi que les éditeurs littéraires sont loin derrière les éditeurs aux secteurs très grands publics : le CA d’Hachette livre est 9 fois celui de Gallimard (et quand on réalise que Hachette livre n’est qu’une partie de Hachette Lagardère,  le rapport entre Gallimard est Hachette Lagardère est de 1 à plus de 30… Par ailleurs, ces résultats montrent aussi l’importance des éditeurs professionnels scientifiques ou techniques qui par ailleurs sont souvent des groupes internationaux (Reed Elsevier et ses filiales Masson ou Lexis Nexis, Wolters-Kluwer et sa filiale en France Lamy). Enfin, l’arrivée dans le peloton de tête du Groupe Panini (Italie) Panini est révélatrice de l’essor de la bande dessinée, cette maison d'édition étant connue via Panini Comics et Panini mangas, DC Comics et Marvel France mais aussi pour l'édition d'albums d'images autocollantes à collectionner


 Les 12 plus grands éditeurs, selon le CA de 2004 à 2008




Sources :

« Le marché du livre 2005 », Supplément au n° 682 de Livres Hebdo, 23 mars 2007,
« le marché du livre 2007 », hors série chiffres du 11 avril 2008 de Livres Hebdo

et Statistiques 2006, Syndicat national de l’édition, juillet 2007,

Livres hebdo n°794, 23 octobre 2009, .

 

Nom de l’éditeur

Maison mère et pays

CA 2004

CA 2006

2006 : % du CA des 230 premiers éditeurs

CA 2008

2008 : % du CA des 230 premiers éditeurs

Hachette-Livre/Lagardère Publishing

Lagardère SCA (F)

1432

2040

29, 8

2159

25,1

Editis

Wendell Investissement (F)

717

755

11

760

8,8

France-Loisirs*

Berstelmann (D) puis à partir de 2011 Najafi (USA)

404

404

5,9

402

4,3

Éditions Atlas

Di Agostini (NL)

388

399

5,8

309

3,6

Média Participations

Média participations (B)

309

293

4,3

310

3,6

Lefebvre Sarrut

Frojal (F)

214

263

3,9

309

3,6

Groupe Gallimard

Madrigall (F)

221

238

3,5

241

2,8

La Martinière-Le Seuil

La Martinière Groupe (F)

260

228

3,3

242

2,8

Groupe Flammarion

RCS (I)

238

227

3,3

285

3,3

Reed-Elsevier

Reed-Elsevier (GB/NL)

189

206

3

283

3,3

Groupe Albin Michel**

SHP (F)

212

159

2,3

156

1,8

Wolters-Kluwer

Wolters-Kluwer (NL)

137

146

2,1

217

2,5

Total


4721

5378

78,2

5670

66

En 2011


Sources :
Livres hebdo n°881, 14 octobre 2011, Livres Hebdo, n°925, 12 octobre 2012)
 
Infos :
*France-loisirs a été revendu en 2011 au fonds d’investissement américain Najafi Companies.

** Le Groupe Albin Michel est 13ème en 2011 avec 166 millions de CA


CA 2011

2011 : % du CA des 218 premiers éditeurs

Hachette-Livre

2038

30

Editis

706

10,4

Lefebvre Sarrut

359

5,3

France-Loisirs*

350

5,2

Média Participations

340

5

Groupe Flammarion

277

4,1

Reed-Elsevier

259

3,8

La Martinière-Le Seuil

258

3,7

Groupe Gallimard

253

3,7

Panini France

198

2,9

Éditions Atlas

175

2,6

Wolters-Kluwer

170

2,4

Total

5579

79,3

Un petit groupe d'entreprises domine donc le secteur grâce à sa production "commerciale"
Si on analyse l’ensemble des chiffres d’affaire de ces 218 éditeurs en 2011, l’impact de la crise se fait sentir : un éditeur sur deux affiche par rapport à 2010 une baisse de son CA. Même les groupes ci-dessus sont touchés.
Dans le détail, les éditions en club ou en fascicules (France loisirs et Atlas) sont particulièrement affectées et il en est de même avec Sélection du Reader’s Digest passé désormais au 17ème rang. Et évidemment, les fusions ou reventes affectent ces résultats, par exemple la cession de De Boeck par le groupe Editis en 2011 s’est traduite par une baisse de son CA. Inversement, l’an prochain, le rachat de Flammarion par Gallimard permettra à ce dernier de gagner des places dans ce classement.

Les éditeurs professionnels scientifiques ou techniques ou scolaires sont en général assez constants d’une année sur l’autre, ainsi que les grands groupes avec une politique d’édition diversifiée, s’appuyant également sur des collections de poche.

A contrario les groupes littéraires sont marqués par les fluctuations rapides liées à l’influence des best-sellers. Ainsi, Gallimard était passé de 290 Millions d’euros en 2007 à 241 en 2008, car l’année 2007 avait été marquée par les considérables succès du dernier tome d’Harry Potter, de l’Élégance du hérisson de Muriel Barbery ou de Chagrin d’école de Daniel Pennac. Inversement, Actes Sud, avec le succès de la trilogie Millenium de Stieg Larsson gagnait 3 places entre 2007 et 2008 dans ce classement des éditeurs : 39,5 millions d’euros en 2007 (21ème place) et 65,3 millions d’euros en 2008 (18ème place). La présence ou l’absence d’un best-seller génère ces contrecoups rapides. Même Hachette doit gérer les années sans nouveau tome de Twilight.

Cette influence de quelques très grandes ventes se retrouve encore plus marquée pour les éditeurs de taille moyenne spécialisées en littérature qui  peuvent connaître de très fortes variations d’une année sur l’autre, suivant ou non le succès d’une de leurs publication. Prenons deux années de référence, les années 2005 et 2006 par exemple. On y verrait que les éditions du Dilettante connaissent un fort recul en 2006, avec un CA de 2,5 millions d’euros, au lieu des 5,3 millions de CA obtenus en 2005 grâce à la sortie d’un ouvrage d’Anna Gavalda, alors qu’à l’inverse les éditions de Minuit passent de 3 millions à un peu plus de 4 millions pour les éditions de Minuit (passant ainsi de la 108e place à la 86e, grâce au Ravel de Jean Echenoz))…et Viviane Hamy de 2,3 à 5,3 millions d’euros grâce au succès relativement attendu de Fred Vargas et à celui, totalement surprenant de Golianza Sapienza. Il en est de même de la filiale Gallimard jeunesse qui, en l’absence d’un nouveau tome d’Harry Potter, descend de 66 millions d’euros à 41 millions d’euros.

Ces fluctuations ne sont pas simples à gérer pour ces éditeurs. Ces extraordinaires succès, déclinés à l’échelle internationale, aujourd’hui peuvent même impacter un grand groupe : Lagardère Publishing a connu une année 2009 exceptionnelle grâce aux ventes de la saga de Stephenie Meyer. Ces ventes ont dopé de 10 % environ le CA du groupe qui, contre coup, a retrouvé un niveau plus bas en 2010.

Si ces 12 groupes sont aussi les plus productifs en nombre de titres, la concentration de la production éditoriale en nombre de titres est cependant beaucoup moins marquée que la concentration économique : par exemple Hachette représente en moyenne un quart du chiffre d’affaire de l’édition française et édite environ 10 à 12 % des titres, Editis représente 9 % du CA et à peu près 6 % des titres. Et les 10 groupes les plus productifs ne représentent environ que 35 % des titres édités.
 
Par ailleurs, dans le groupe des éditeurs les plus productifs en titres, se glisse un éditeur atypique très productif mais au CA bien moindre : les éditions de l’Harmattan qui publient environ 2300 titres annuellement (très exactement 2.244 pour un CA de 8,2 millions d’euros en 2010).


Ces chiffres confirment la puissance d'un petit groupe d'entreprises qui économiquement dominent le secteur, mais qui ne reflètent pas la diversité intellectuelle de l’offre éditoriale française. La puissance économique de certains éditeurs vient du fait qu’ils dominent le marché des livres commerciaux (ouvrages scolaires, de référence, ouvrages pratiques, best-sellers, prix littéraires, etc.) mais qu’il existe à côté de très nombreux autres éditeurs ayant une production quantitativement et qualitativement tout aussi importante.

On peut aussi remarquer que :

ce chiffre d’affaires est en baisse, si on le compare à celui des années précédentes,
le nombre de titres a tendance à s’envoler : il est certes supérieur en Grande-Bretagne (environ 100 000) mais celle-ci dispose de débouchés plus nombreux dans les pays anglophones,
les nouveautés constituent à peu près la moitié du nombre des titres produits,
la littérature, surtout si l'on tient compte des livres de jeunesse qui la porte, vient au premier rang, en nombre de titres, et en pourcentage du chiffre d'affaires (bon an mal an, entre le cinquième et le quart du CA global) ; avec un grand retour du roman policier, et, à un moindre degré, de la science-fiction,
le secteur scolaire suit la littérature en matière de CA ; c'est évidemment un secteur où les rééditions sont dominantes; les difficultés viennent de ce que pour l'enseignement élémentaire et le collège, les manuels sont à la charge des communes qui ne les renouvellent pas très fréquemment,
il existe peu de titres pour la catégorie dictionnaires, produit lourd de l'édition ; cette catégorie connaît un déclin considérable (il y a quelques années, elle représentait 20% du CA global, aujourd'hui, environ 8,3 %)
le plus faible tirage revient aux sciences et techniques, qui souffrent de l’étroitesse du marché francophone et de l’abus de la reprographie,
l’édition jeunesse est, depuis quelques années, en constante progression. Elle représentait dès 2003, 10,5 % du chiffre d’affaires de l’édition et 16,3 % des ouvrages vendus.
Elle est donc la locomotive du marché du livre : ces ventes ont connu la plus forte progression en 2005 puis en 2007 (+ 15,6 % puis + 18, 8 % en valeur), loin devant les autres secteurs (la BD est en deuxième position, tirée par les mangas. Même si sa croissance s’est amenuisée depuis, elle est encore le seul secteur qui a connu une progression en 2010 (+0,5 %).

Seuls les ouvrages scolaires, ceux de littérature, de bandes dessinées et les encyclopédies et dictionnaires ont un tirage moyen supérieur à 10 000 exemplaires et ces trois secteurs représentent presque 50 % du chiffre d'affaires total.

 
Ce mouvement de concentration s’est accéléré depuis les années 1980


Depuis le milieu des années cinquante, on a vu se développer dans l'édition, comme dans d'autres domaines de l'économie, un mouvement de concentration qui s'est accéléré au début de 1988.

Prenons l’exemple d’un éditeur comme Gauthier-Villars, spécialiste de mathématiques. Il a été absorbé par Dunod (technique et gestion), puis ce dernier par Bordas (scolaire et universitaire) ; ensuite l’entité Bordas-Dunod-Gauthier-Villars a été rachetée par le groupe CEP Communication (filiale du grand groupe de communication Havas) qui, associé aux Presses de la Cité a constitué le Groupe de la Cité et ce dernier, enfin, est devenu Havas Publications Edition, dépendant de Vivendi (nouveau nom de la Compagnie générale des eaux), avant d’être intitulé groupe Vivendi Universal Publishing.

Les déboires de ce groupe aboutissent à la cession de toute la branche édition : Hachette souhaite, dans un premier temps, la reprendre dans son intégralité. Dans l’attente des autorisations de la Commission européenne pour ce rachat, l’ensemble des activités d’édition et de distribution issues de Vivendi est rebaptisé Editis et est géré par une banque.

Finalement, Hachette obtient l’autorisation d’en racheter 40 % et le reste d’Editis est cédé à la société d’investissement dirigée par Antoine Seillières, ex-patron du MEDEF, Wendel Investissement. Dunod devient alors propriété d’Hachette, tandis que Bordas est gardé par Editis (Wendel Investissement) qui, au final, revend toutes ses activités éditoriales à l’éditeur espagnol Planeta.

Entre temps, les éditions Gauthier-Villars ont cessé leurs activités. Les revues ont été vendues à l’éditeur scientifique international Elsevier, et le fonds repris par Dunod.

Dans d’autres cas du même genre, il peut être intéressant pour un groupe d’édition, de garder le nom d’une maison connue. Celle-ci est alors maintenue comme une filiale mais sa politique est sous le contrôle total du groupe dont elle n’est, finalement, qu’une des marques commerciales.

Une première vague de concentration a d’abord été le fait d’entreprises industrielles, en général des groupes de communication qui pariaient alors sur la « déclinaison » des produits (par types de publics, par tranches d’âge) et de  « synergies » entre les médias (presse, livre, audiovisuel). Les années 2000 ont plus vu la financiarisation de l’édition avec des rachats par des holdings et des investisseurs financiers. Dans les deux cas, et encore plus dans le second, les maîtres mots sont le « retour sur investissement » et les « dividendes » à distribuer aux actionnaires. Ces actionnaires attendent alors que l’édition s’aligne sur les résultats et bénéfices dégagés par d’autres secteurs. Cette attente financière a des conséquences sur les produits édités : ceux-ci doivent obtenir une rentabilité très rapidement. L’éditeur n’est alors plus celui qui mise sur la constitution d’un fonds dont la rentabilité ne se fera que sur de plus longues échéances, il ne cherche plus à construire avec des auteurs, une œuvre sur le long terme. D’où également un certain suivisme dans les modes et une certaine indifférence entre les productions des éditeurs (il est devenu quasi impossible, par exemple, de distinguer des politiques éditoriales différentes chez les grands éditeurs commerciaux anglo-saxons), au contraire de l’éditeur d’antan qui donnait une marque personnelle, dont l’affaire était aussi une affaire de goûts et de choix personnels, ce qui, en retour, pouvait entraîner un sentiment d’attachement très fort de la part de communautés de lecteurs (l’attachement que nombre de lecteurs avaient et ont peut-être encore vis-à-vis des Éditions de Minuit, de Gallimard, Actes Sud ou de certaines autres maisons indépendantes). Les grands groupes éditoriaux vendent des produits, ils ne s’incarnent pas dans des éditeurs et des personnalités.



 En France, un groupe concentre à lui seul un quart du marché du livre   


La situation de l'édition française est aujourd’hui relativement simple : un groupe d'édition concentre 25 % du marché français du livre, 50 % sont partagé par une dizaine d’autres groupes et le reste est réparti entre une pléthore de petits éditeurs.

Cette concentration peut être même renforcée selon qu’on prend en compte le seul CA de ce groupes on qu’on considère leur maîtrise de la distribution-diffusion, auquel cas deux groupes contrôlent environ 50 % du marché, quatre groupes moyens en obtiennent environ 25 %, et les 25 % restants sont partagés par une pléthore d’entreprises.

On notera immédiatement que la maîtrise de ces groupes revient le plus souvent à des puissances économiques tout à fait étrangères au secteur de l'édition. Le groupe Lagardère-Matra pour Hachette, s'intéresse à tous les secteurs de la communication : le livre et la presse, depuis l'imprimerie jusqu'à la distribution, l'audiovisuel, les nouvelles technologies et travaille à s'imposer sur le plan international. Mais il comprend également de nombreuses autres activités : aéronautique civile et militaire, espace, systèmes de défense et de sécurité, etc. Le groupe RCS Media, vendeur de Flammarion, est un holding spécialisé dans les communications, la régie publicitaire, la création et la gestion de salons et événements. Reed-Elsevier est aussi une société qui est dans le domaine de la gestion des salons professionnels et elle investit aujourd’hui dans la gestion du risque. Toutes ces sociétés sont cotées en bourse et dépendante de leurs actionnaires financiers et la partie livre n’est pas forcément la plus importante de leurs activités.

Elle ne représente qu’un tiers de l’activité de RCS, un peu moins du quart de celle du Groupe Lagardère. Donnons quelques chiffres pour comparaison sur cette dernière entité puisqu’elle est la première entreprise d’édition française : le groupe Lagardère pesait 7,9 milliards d’euros et près de 30.000 personnes en 2010, et encore ce chiffre ne prenait pas en compte sa participation à EADS. Si nous comparons ces chiffres aux CA des 226 premiers éditeurs ou aux effectifs de la branche édition, on ressent immédiatement le décalage entre la puissance du groupe et la modestie du reste de la filière.

La concentration éditoriale ne faiblit pas : après la surprise de 2004 qui vit la reprise des éditions du Seuil par La Martinière qui aboutit rapidement à la fusion de deux appareils de diffusion-distribution (sous l’appellation de Volumen), les années suivantes ont été marquées par le rachat des éditions du Cherche-Midi par Editis, puis de Thierry Magnier et des éditions de l’Imprimerie nationale par Actes-Sud, de Masson par la groupe anglo-néerlandais Reed-Elsevier, des éditions Le Rocher par le groupe Privat et en juin 2007 des éditions Gründ par Editis, l’acquisition définitive d’Autrement par Flammarion en 2010 et enfin, en 2012, la cession de Flammarion à Gallimard (sauf avis contraire de l’autorité de la concurrence).

 
Mais, sur les « marges, de très nombreux autres éditeurs publient


Mais à côté de ces groupes, bien d'autres maisons jouent un rôle non négligeable dans le paysage éditorial français : dans le domaine universitaire et scolaire, les Presses universitaires de France et Belin, en littérature générale Minuit, Actes Sud, les Editions du Rocher et de nombreuses autres. Mais leur CA n’est en aucune part comparable à leur renommée : 58,6 millions d’euros pour Actes Sud (19e place) mais 68,5 millions avec ses filiales, un peu moins de 13,7 millions d’euros de CA en 2010 pour les PUF (38e place).

La bibliodiversité est donc à l’opposé de la concentration éditoriale : en 2010, 4.337 éditeurs différents ont, selon Electre, publiés au moins un titre.

On peut donc conclure aujourd’hui que l’édition française est une structure oligopolistique (avec un éditeur prédominant) à … frange atypique pour évoquer tout l’archipel d’éditeurs moyens et encore plus de petits éditeurs qui, aux marges de cette économie, existent.
 

[Suite : Les principaux groupes d'édition française]